jeudi 27 février 2014

Luther saison 3


Une bonne mauvaise grippe et me voilà sans force pour lire, il y a huit jours de cela… Entre deux bouffées de fièvre, j’ai regardé la saison 3 de Luther, achetée peu avant Noël et laissée dans un coin. J’avais chroniqué ici la première saison de cette série, dont j’avais, à quelques réserves près, apprécié la tonalité hardboiled. Je dois préciser que j’avais beaucoup moins aimé la saison 2, qui exacerbe ce qui m’avait déplu dans la première : on passe à une logique très feuilletonnante là où la première saison propose des épisodes clos sur eux-mêmes ; on se concentre sur les malheurs (doux euphémisme) de Luther, et le tout est hautement invraisemblable et carrément abracadabrant. 
Pourquoi ai-je acheté la saison 3, me direz-vous ? Eh bien parce que malgré ces défauts, j’adore les personnages (Luther, Alice) et parce que l’ensemble est admirablement filmé. Bref, j’ai cédé à l’appel de la saison 3…
Est-ce la fièvre ? J’ai passé un excellent moment avec ces quatre épisodes. Les deux premiers sont focalisés sur une enquête principale, mais le plus beau est dans une enquête secondaire, qui met en scène un père bouleversant et désespéré. Les deux suivants mettent Luther aux prises avec un redoutable vengeur : sans originalité mais avec beaucoup de force, l’histoire pose des questions terribles, et le scénario va jusqu’au bout de la noirceur. L’ensemble est lié par la croisade que mènent deux policiers (on retrouve Erin Gray) contre Luther, décidés à le faire tomber par tous les moyens. Et le dernier épisode voit le retour en fanfare de la délicieuse et effarante Alice. La saison 3 introduit aussi un nouveau personnage féminin et c’est tant mieux.
Evidemment, il n’y a pas grand-chose de réaliste dans cette série, et pourtant, elle garde cette tonalité hardboiled que j’aime tant. Si les intrigues sont invraisemblables quand on se rapporte à notre monde réel, elles « tiennent » bien en termes de cohérence interne, sont bien construites. Et puis comme d’habitude, pas de temps mort, beaucoup de tension. Les comédiens sont tous impeccables et sont servis par des dialogues qui ne sonnent jamais faux (comparez donc à la plupart des séries policières françaises). Enfin, la mise en scène et la photographie sont somptueuses : il y a dans ces séries BBC une manière de filmer Londres qui laisse pantois, vraiment.
En conclusion, que dire ? Je suis partante pour la saison 4 (signée, semble-t-il).


Luther, saison 3, diffusée en Grande-Bretagne en 2013. Série créée par Neil Cross, produite par la BBC. Disponible en DVD.

2 commentaires:

Brize a dit…

Ah, tu me filerais presque des regrets : je ne l'ai pas regardée (sur Canal) parce que je n'en avais pas eu de bons échos (et aussi parce que c'est sombre de chez sombre ; et aussi parce que je regarde déjà pas mal de séries ), en substance on reprochait à la série (et au personnage) d'avoir viré à la caricature d'eux-mêmes.

Tasha Gennaro a dit…

Ce n'est pas faux... Assurément ce n'est pas la série du siècle, et la saison 2 représentait une rupture que je n'aimais pas. Mais finalement, je me suis laissée porter par cette saison 3, avec un vrai plaisir. Je pense que ça tient beaucoup aux acteurs, idris Elba en tête.